Fraternité des policiers et policières de Montréal

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1. 1918 : un premier syndicat de policiers à Montréal
2. 1943 - Deuxième tentative de syndicalisation
3. 1944-1950 Les syndicats policiers empêchés de se regrouper
4. 1950-1965 — Période d’organisation et de croissance
5. 1950-1965 — Création de nombreux services
6. 1950-1965 — Négociation de huit conventions…
7. Les années 60 : sursaut de militantisme
8. La grève du 7 octobre 1969 : un moment historique
9. 1972 : regroupement des corps policiers de l’île de Montréal
10. 1965-1975 — Des négociations difficiles
11. Le travail policier en profonde mutation
12. Relations difficiles avec la CUM
13. Un gain majeur : l’horaire 4-3 !
14. Temps difficiles mais leadership vigoureux...
15. À la défense de ses membres
16. Interventions de l'État et lois spéciales

La Fraternité à la défense de ses membres...

Deux dossiers majeurs occuperont la Fraternité au cours de ces années : la présomption d’innocence quand certains de ses membres sont accusés de brutalité policière et la mise en place de la police de quartier.

Trois affaires majeures retiennent l’attention des médias d’information au cours des années : les affaires Anthony Griffin (1987), Marcellus François (1991) et Richard Barnabé (1993).

Dans le premier dossier, l’agent Gosset abat le jeune Griffin qu’il vient d’arrêter pour une affaire d’introduction par effraction et qui menace de s’enfuir. Le directeur du SPCUM, Roland Bourget, suspend le policier de ses fonctions sans solde et procède à une enquête disciplinaire. Pourtant, dans les deux procès que le policier subit, l’agent Gosset est acquitté de l’accusation d’homicide involontaire. Il est donc réintégré deux ans plus tard. La Fraternité, qui a soutenu son policier financièrement et psychologiquement durant toute l’épreuve accuse le directeur de police d’avoir fait fi de la présomption d’innocence et d’avoir cédé aux pressions politiques et à la fureur publique. Le directeur Bourget prendra sa retraite peu de temps après cette controverse.

La marche du respect, le 12 février 1992. L'enjeu : la présomption d'innocence pour les policiers et les policières.
Source : La Presse, 1992. Publié dans Solidarité et détermination, Éd. Boréal, p. 282.

L’affaire Gosset amène le gouvernement du Québec à adopter la Loi sur l’organisation policière. Un poste de Commissaire à la déontologie policière est créé pour traiter les plaintes des citoyens à l’égard du comportement des policiers. Celui-ci est appelé à intervenir dès 1991 lorsque l’agent Tremblay abat par erreur un jeune Noir, Marcellus François, après une filature organisée à la suite d’une tentative de meurtre survenue la veille. La communauté noire y voit une autre preuve de racisme de la part des policiers — Anthony Griffin était un homme de race noire lui aussi — et organise une marche de protestation. La Fraternité organise à son tour une « marche du respect » pour protester contre la condamnation publique du policier de la part du directeur Saint-Germain, avant même de connaître les conclusions de l’enquête du coroner et du commissaire à la déontologie policière. Le directeur démissionnera lui aussi après cette affaire.

À la suite de ces événements, deux comités sont formés pour enquêter et suggérer des solutions. Le comité Bellemare créé par la Commission des droits de la personne suggère l’embauche d’un plus grand nombre de policiers venant des minorités ethniques et visibles. Le groupe de travail formé par le gouvernement du Québec recommande pour sa part que la CUM poursuive son programme d’accès à l’égalité pour le corps policier tout en instituant un cours obligatoire sur la diversité culturelle et le racisme pour tous les étudiants inscrits en techniques policières. Ces recommandations seront bien accueillies. En 1998, moins de 10 % des policiers sont issus des communautés ethnoculturelles.

Au cours de cette période, la Fraternité défend toujours diligemment ses membres. Quatre d’entre eux seront reconnus coupables d’avoir utilisé une force excessive lors de l’arrestation de Richard Barnabé. Pour se préparer à toute éventualité, la Fraternité se dote deux ans plus tard de deux fonds spéciaux pour ses membres. Le Fonds d’aide fournit aux policiers une assistance sous forme de prêt sans intérêt qui doit être remboursé par la suite. Le Fonds d’assistance juridique, quant à lui, est constitué pour les policiers ayant commis une faute lourde dans l’exercice de leurs fonctions, offense pour laquelle, selon la convention collective, le Service de police n’acquitte pas les frais juridiques.

La police de quartier

La création de la police de quartier monopolise tout autant l’attention de la Fraternité durant cette décennie. Vingt-trois postes de police sont transformés en 49 postes de quartier, rattachés à quatre centres opérationnels. L’idée est de rapprocher les policiers des citoyens. La police communautaire se propose de multiplier les activités de prévention du crime plutôt que de se borner à le réprimer. Cependant, l’implantation de cette réforme se fait très rapidement et sans consultation préalable de la Fraternité, ce qui va à l’encontre de l’esprit de la lettre d’entente annexée à la convention collective qui a été signée quelques mois plus tôt.

Si la Fraternité participe à trois comités concernant cette question, elle ne fait pas partie de l’équipe de travail ayant le mandat de préparer un « Livre blanc » sur la police communautaire. Elle est prise de court lorsque le projet devient réalité, beaucoup plus vite que prévu. De son point de vue, le projet est inachevé et improvisé. De plus, il signifie une perte de 200 membres au sein du syndicat puisque les officiers sont remplacés par des commandants non syndiqués. La Fraternité décide toutefois de s’impliquer dans l’implantation de la police de quartier pour limiter les dégâts. Un an plus tard, un important sondage commandé conjointement par le Service de police et la Fraternité révèlera que les policiers sont mécontents de cette réorganisation. Des ajustements deviendront nécessaires.

 

Police de quartier : un sondage révélateur... 33 % des syndiqués étaient emballés par les changements, en comparaison avec 80 % chez les cadres.

Source : archives FPPM. Tiré de Solidarité et détermination, Éd. Boréal, p. 291.

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