Fraternité des policiers et policières de Montréal

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1. 1918 : un premier syndicat de policiers à Montréal
2. 1943 - Deuxième tentative de syndicalisation
3. 1944-1950 Les syndicats policiers empêchés de se regrouper
4. 1950-1965 — Période d’organisation et de croissance
5. 1950-1965 — Création de nombreux services
6. 1950-1965 — Négociation de huit conventions…
7. Les années 60 : sursaut de militantisme
8. La grève du 7 octobre 1969 : un moment historique
9. 1972 : regroupement des corps policiers de l’île de Montréal
10. 1965-1975 — Des négociations difficiles
11. Le travail policier en profonde mutation
12. Relations difficiles avec la CUM
13. Un gain majeur : l’horaire 4-3 !
14. Temps difficiles mais leadership vigoureux...
15. À la défense de ses membres
16. Interventions de l'État et lois spéciales

Temps difficiles mais leadership vigoureux...

La conjoncture économique subit des hauts et des bas au cours des années 1988-1998 et la Communauté urbaine de Montréal (CUM) cherche toujours à diminuer ses dépenses, aidée en cela par le gouvernement du Québec en 1993 et en 1997. C’est ainsi que les effectifs policiers continuent de diminuer. La Fraternité perd quatre cents membres durant cette période.

En 1998, les policiers assurent la protection de l’ensemble de l’île de Montréal avec le même nombre de policiers qu’en comptait Montréal sans les banlieues, en 1971.

Bien que le Service de police représente toujours le poste de dépenses le plus important du budget de la CUM, sa part est passée de 41 % en 1988 à 34,8 % en 1997. Cela ne s’est pas fait sans la diminution du taux d’encadrement policier, qui rejoint maintenant celui de Toronto.

Inversement, l’embauche des femmes policières progresse et 715 femmes font partie du SPCUM en 1998. Leur nombre correspond à 17 % des effectifs et plusieurs obtiennent des promotions. Cette présence de plus en plus marquée des femmes à l’intérieur du corps policier fait surgir certains problèmes. À la suite d’allégations de harcèlement sexuel, un comité de la condition féminine est créé au début des années 1990 et une enquête est menée auprès des policières pour connaître leurs besoins particuliers et leurs aspirations. La direction de la Fraternité ne donne pas suite aux résultats de l’enquête et les policières se sentent flouées. Cette frustration n’est pas étrangère à l’absence des femmes dans les instances de la Fraternité. Il faudra attendre encore.

En 1987, les femmes commençaient à patrouiller ensemble.
Source : La presse. Publié dans Solidarité et détermination, p. 266.

Cette présence accrue des femmes policières conduit à une nouvelle appellation de l’organisme : la Fraternité des policiers et policières de la CUM. Sa présidence est assurée par Yves Prud’Homme durant ces dix années. Il redonne un leadership vigoureux à la Fraternité en portant sur la place publique tous les dossiers touchant la sécurité publique. La défense systématique de tous ses membres, quelle que soit leur situation, demeure prioritaire. Dans le but de fournir aux membres un moyen de communication rapide et efficace sur tous les sujets de l’heure, La Flûte Express paraît pour la première fois en janvier 1992.

Afin d’améliorer l’efficacité de l’organisme, on assiste à une réforme de ses structures. Le nombre d’officiers du Conseil de direction passe de huit à six membres, libérés à temps complet. Pour augmenter le militantisme, on met fin au bénévolat et les 80 délégués syndicaux sont rémunérés. Ils sont épaulés par 260 moniteurs, un par relève dans les 49 nouveaux postes de quartier qui voient le jour en 1995.

Les tiraillements persistent toujours entre la Fraternité et la Fédération des policiers du Québec à cette époque. La première recherche toujours un statut particulier au sein de la seconde, à cause de sa taille — la moitié des policiers municipaux du Québec — mais aussi parce qu’elle désire intervenir auprès des autorités gouvernementales. Elle propose une coalition québécoise en association tripartite — la Fraternité, la Fédération et l’Association des policiers de la Sûreté du Québec ont chacune environ cinq mille membres — qui est aussitôt refusée par la Fédération. La Fraternité décide donc, en mai 1991, de ne pas renouveler son adhésion à la Fédération. Celle-ci reprend l’initiative des négociations quatre ans plus tard et offre le statut de membre associé à la Fraternité, tout en diminuant sa cotisation annuelle à 25 000 $. Par un curieux hasard de l’histoire, le président Prud’Homme, en grande partie responsable du retrait de la Fraternité en 1991, est élu président de la fédération provinciale en 1998.

Comme pour les périodes antérieures, l’unité d’accréditation de la Fraternité, qui regroupe toujours les officiers jusqu’au grade de capitaine, est contestée par l’employeur et par la commission Malouf formée par le gouvernement du Québec. Scinder l’unité d’accréditation est un objectif poursuivi depuis la reconnaissance de la Fraternité comme agent négociateur en 1944. Le directeur du Service de police Duchesneau règlera une fois pour toutes cette épineuse question en abolissant presque complètement les fonctions de lieutenant et de capitaine pour les remplacer par la fonction de commandant pour diriger les 49 postes de quartier. Ces nouveaux commandants deviendront automatiquement des officiers cadres et seront donc exclus de l’unité d’accréditation. Ce sera un revers cuisant pour la Fraternité !

 

Tableau comparatif de l'encadrement policier au Canada, 1993.
Source : Satistiques Canada. Publié dansSolidarité et détermination, Éd. Boréal, p. 263.

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