Fraternité des policiers et policières de Montréal

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1. 1918 : un premier syndicat de policiers à Montréal
2. 1943 - Deuxième tentative de syndicalisation
3. 1944-1950 Les syndicats policiers empêchés de se regrouper
4. 1950-1965 — Période d’organisation et de croissance
5. 1950-1965 — Création de nombreux services
6. 1950-1965 — Négociation de huit conventions…
7. Les années 60 : sursaut de militantisme
8. La grève du 7 octobre 1969 : un moment historique
9. 1972 : regroupement des corps policiers de l’île de Montréal
10. 1965-1975 — Des négociations difficiles
11. Le travail policier en profonde mutation
12. Relations difficiles avec la CUM
13. Un gain majeur : l’horaire 4-3 !
14. Temps difficiles mais leadership vigoureux...
15. À la défense de ses membres
16. Interventions de l'État et lois spéciales

Un gain majeur : l’horaire 4-3 !

De 1975 à 1988, les relations de travail sont tout aussi perturbées qu’auparavant. Les sujets épineux ne manquent pas. L’horaire de travail est un enjeu considérable. Lors des négociations de 1977, la question salariale et l’indexation des rentes de retraite sont réglées rapidement alors que l’horaire de quatre jours de travail, privilégié par les policiers, demeure hors d’atteinte.

Un comité technique paritaire sur les heures de travail met à l’essai deux horaires pendant une période de quinze semaines : le 4-3 et la formule 7-2, 7-5. Bien que le 4-3 donne de bons résultats, la CUM préfère appliquer l’autre formule qui se révèlera impraticable à la longue. La Fraternité décide alors d’appliquer unilatéralement l’horaire 4-3, mais une requête en injonction interlocutoire d’un juge de la Cour supérieure lui met des bâtons dans les roues.

Moment historique : la Fraternité réussit à imposer l'horaire 4-3, sour le leadership d'un grand président, Gille Masse.
Source : La Flûte, janvier 1978.

Plus tard, la CUM propose un horaire 14-7 qui est aussitôt rejeté. Elle accepte de guerre lasse l’horaire 4-3 mais la mise en application n’est prévue que pour l’année suivante. Des moyens de pression achèveront le travail et l’horaire 4-3 sera finalement appliqué le 24 septembre 1978. Un tel horaire a de nombreux effets bénéfiques, dans la mesure où il garantit une meilleure compatibilité avec la vie familiale et sociale. L’efficacité policière augmente car les policiers font désormais partie d’une même relève. Plus heureux, les policiers recourent moins à leurs jours de congé de maladie.

On en vient rapidement à une entente lors des négociations de 1980. Une augmentation salariale de 9 % est prévue et on ajoute une journée aux vacances annuelles.

Récession et temps difficiles...

Il en va tout autrement pour les négociations suivantes alors qu’une récession économique conduit le gouvernement du Québec à sabrer dans les salaires et les conditions de travail des employés du secteur public et parapublic. C’est ainsi que les offres patronales et les demandes de la Fraternité divergent totalement en 1983. Des concessions permettent cependant de conclure une entente de principe concernant la hausse salariale, l’indexation du régime de retraite mais surtout, la mise à l’essai de la patrouille en solitaire dans cinq postes pendant le jour.

En décembre 1984, la Fraternité reproche à la CUM sa mauvaise foi alors que celle-ci, par trois fois, présente des évaluations actuarielles non-conformes aux règles de la Régie des rentes du Québec, ce qui entraîne des délais dans le versement de l’indexation des rentes aux policiers retraités ou à leur veuve. Une série de moyens de pression s’ensuivent et la loi 25 votée par le gouvernement oblige la CUM à verser sa contribution.

Dans la négociation de 1985, une entente de principe survient entre les parties sans même que des moyens de pression ne soient appliqués, mais à la suite d’un changement de garde à la direction de la Fraternité peu de temps après le vote, cette même entente est rejetée et l’arbitrage est sollicité. Quarante-deux séances d’audition étalées sur un an permettront d’en arriver à une conclusion. La Fraternité est satisfaite des hausses salariales. Une restriction stipule que les patrouilles en solo ne sont permises que le jour, de 7 h du matin à 20 h du soir, uniquement en réponse à des appels non dangereux.

Un tel arbitrage exécutoire, qui peut favoriser le syndicat, mécontente plusieurs maires qui voudraient les remplacer par un droit de grève. La Fraternité, qui réclamait l’adoption d’une telle mesure depuis le début des années 1970 n’en veut plus, car le Conseil des services essentiels risque d’exiger que 95 % du travail policier soit reconnu comme service essentiel.

La grève est devenue impensable et l’arbitrage semble une protection contre la volonté des municipalités de sabrer dans les conditions de travail. C’est ainsi que la Fraternité fera de nouveau appel à l’arbitrage lors des négociations de 1988 et qu’ultimement, elle obtiendra pour ses policiers une rémunération légèrement supérieure à celle de ses confrères de Toronto ou de la Gendarmerie royale du Canada.

 

Tableau comparatif des salaires 1975-1985, des années d'inflation et de récession.
Source : Archives FPPM. Tiré de Solidarité et détermination, Éd. Boréal, p. 253.

 

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